Un travail en deux temps : localiser, puis se libérer

La séance dure deux heures. Ce n'est pas un confort, c'est la logique du travail. La première heure cherche, la deuxième intervient.

Cabinet de psychopraticien à Paris — séances en présentiel pour la libération des blocages émotionnels

Première heure : trouver le point d'accroche

On ne peut pas désactiver une réaction tant qu'on ne l'a pas localisée précisément. La première heure sert à ça : comprendre comment ce qui vous fait mal aujourd'hui s'organise : dans quelles situations, avec quels signaux, depuis quand, auprès de qui.

Le principe de fond est simple : ce qui vous pèse aujourd'hui n'est pas un dysfonctionnement. C'est une réponse que votre système a mise en place, à un moment, pour tenir quelque chose de difficile. Identifier cette logique, c'est déjà une grande partie du travail.

Espace de consultation individuelle à Paris — accompagnement des schémas répétitifs

Deuxième heure : intervenir

Une fois le point d'accroche localisé, on intervient directement dessus. On réactive le circuit dans un cadre sécurisé, on y introduit une expérience sensorielle qui contredit l'attente automatique : un travail corporel simple (remémoration guidée, respiration, tapotements), suivi de plusieurs rondes. Puis on vérifie que l'association s'est modifiée.

Cette séquence : activation, contradiction vécue, répétition, est ce que les neurosciences appellent reconsolidation mnésique : le souvenir est réencodé avec une issue différente. C'est un processus neurobiologique documenté.

Après la séance

Dans les jours qui suivent, vous observez votre fonctionnement dans les situations habituelles. La plupart du temps, la réaction ne se déclenche plus de la même manière. Parfois, un autre point d'accroche apparaît lié, ou distinct. C'est alors le moment d'une deuxième séance.

Ce travail s'inscrit dans le champ des thérapies brèves de généralement quelques séances plutôt que des mois d'analyse. Il partage avec l'EMDR et l'hypnose l'idée d'intervenir directement sur ce qui se déclenche, plutôt que de chercher à le comprendre davantage.

Ce mécanisme de reconsolidation mnésique a été identifié par Nader & LeDoux (Nature, 2000) et formalisé cliniquement par Bruce Ecker (Ecker, Bruce et al. Unlocking the Emotional Brain, New York Routledge 2012).

Exemples du travail

Les exemples qui suivent ont été anonymisés.


Sophie, cadre dirigeante, une quarantaine d’année.

Sophie vient avec une question qu'elle s’est déjà posée plusieurs fois : pourquoi tombe-t-elle systématiquement amoureuse d'hommes émotionnellement indisponibles ? Elle a lu, analysé, identifié le pattern depuis longtemps. Comprendre ne lui suffit plus, c'est précisément ce qui l'amène.

Nous avons identifié ensemble un déclencheur précis : la sensation de magnétisme qui s'allume au moment où elle perçoit chez l'autre une forme de retrait, de recul. C'est cette sensation-là qui la submerge. On remonte à un épisode de son enfance : le retrait soudain d'une figure essentielle, à un moment où elle avait absolument besoin de proximité. À cet instant précis, dans son système, l'attachement intense et la perte se sont liés. Aimer, c'était attendre.

Trente ans de répétitions adultes avaient, à son insu, confirmé l'équation. A chaque nouvelle histoire avec un homme indisponible, le circuit recevait une nouvelle preuve qu’aimer c’était attendre. Le pattern n'était pas un échec à répétition mais c'était une boucle qui se renforçait à chaque tour. Pour en sortir, il fallait d'abord briser la confirmation.

Après trois séances, elle m’a dit : « Je ne reconnais plus le moment où je m'attache. Ce qui me semblait magnétique me semble maintenant fade. »


Cas 2 — L'envoi impossible

Pierre, début de trentaine, activité créative.

Diplômé d'une formation exigeante depuis deux ans, Pierre n'a toujours pas réussi à répondre à une offre d’emploi. Il réécrit chaque candidature trente fois. Ce n’est pas une procrastination de paresse c’est un blocage net qu’il repère très bien au moment où il doit cliquer sur « envoyer ». Il n'imaginait pas avoir ce type de difficulté et ne voyait pas comment dépasser cela.

La localisation des origines de sa difficulté met en lumière un climat familial douloureux car répétitif : des comparaisons constantes, à table, avec un frère plus à l'aise et un père dont la réussite est écrasante. Il n’y a pas un événement isolé mais une atmosphère permanente. Le réflexe ne s'est pas formé sur un choc traumatique mais sur la répétition d’un rabaissement.

À la fin de la deuxième, il a envoyé ce qu'il avait préparé depuis huit mois. « Je l'ai relu deux fois, pas vingt. C'est la première fois. »


Frédéric, début de la cinquantaine, en transition professionnelle après vingt-cinq ans de management.

En réunion, depuis toujours, il ne manifeste que très rarement son désaccord. S’il acquiesce à contre coeur, il rumine, et revient sur ses positions par mail le lendemain. Il avait appris à fonctionner de cette façon dans son ancien poste. Maintenant qu'il se réinvente professionnellement, ce réflexe lui coûte beaucoup.

En cherchant l’origine de son attitude, il identifie le déclencheur qui le bloque : le moment où une voix d'autorité tranche dans la pièce. Son problème n’est pas l'autorité en général, c’est avant tout celles des hommes plus âgés et en position de leader assumé. Malgré une enfance très heureuse, on remonte à un père au tempérament tranchant, et à l’apprentissage très tôt que s’opposer n'était pas une option.

Après plusieurs séance, Frédéric n’est plus activé par ce type d’autorité. Nous sommes intervenus sur des réflexes émotionnels ancrés dans l’enfance. Il a retrouvé sa liberté de contester en face ce avec quoi il n’était pas en accord.


Sylvain, milieu de quarantaine.

Tous les dimanches soir, Sylvain ressent une grande anxiété qui monte en fin d'après-midi et contamine sa soirée quelques soient les circonstances. Il en a fait un sujet de blague, sa famille s'est habituée mais ça empoisonne ses fins de week-end depuis trente ans.

La localisation prend un détour inattendu. Enfant, il me raconte qu’il rentrait chaque dimanche soir au pensionnat pour la semaine mais il adorait le pensionnat! C'est pour ça qu'il n'avait jamais fait le lien avec son anxiété : son problème n’était pas la séparation, puisqu'il aimait y aller. Sauf que sa mère, elle, vivait mal son absence. Et c'est cette détresse-là, qu’il percevait chaque dimanche soir au moment du départ, il avait absorbée sans le savoir. Le déchirement n'était pas le sien, c'était celui de sa mère qu'il portait.

Après deux séances, il me raconte son premier dimanche soir « ordinaire » depuis qu'il a des souvenirs. Pas d’angoisse inexpliquée. Trois mois plus tard, c'est toujours le cas, même si le dimanche reste la veille du lundi.